Mouloud Feraoun : 56 ans après sa disparition

Un hommage à un écrivain kabyle

Cela fait 56 ans que la Kabylie et l'Algérie ont perdu un de leurs plus grands écrivains, Mouloud Feraoun. Né le **8 mars 1913** à Tizi Hibel, dans l'ancienne commune mixte de Fort-National, son nom de naissance était Aït-Chabane. Le nom Feraoun lui a été attribué par l'état civil français. Sa disparition tragique le **15 mars 1962**, à seulement quelques jours du cessez-le-feu, reste une blessure profonde pour le pays.

Formation et parcours professionnel

Après une enfance à Tizi Hibel, Feraoun a fréquenté l’école locale à partir de l'âge de 7 ans. Il a ensuite obtenu une bourse à l'école primaire supérieure de Tizi-Ouzou en **1928** et a intégré l'école normale de Bouzaréah en **1932. Il a enseigné pendant plusieurs années, occupant ensuite les postes de directeur d’école et d'inspecteur des centres sociaux, témoignant de son engagement envers l'éducation et le progrès social.

Débuts d'écrivain et reconnaissance

Dès **1934**, Feraoun se consacre à l'écriture. Son premier roman, “Le fils du pauvre”, un récit autobiographique poignant, est salué par la critique et remporte le grand prix de la ville d’Alger. Bien que publié à compte d’auteur en **1950**, il est ensuite édité par Seuil en **1954, après avoir subi des modifications. Ce roman lui a valu une reconnaissance significative dans le monde littéraire.

Correspondance avec albert camus et œuvres majeures

En **1951**, Feraoun entre en correspondance avec Albert Camus, un témoignage de l'importance qu'il accordait aux échanges intellectuels. Il a également écrit “La Terre et le Sang”, récompensé par le Prix du roman populiste en **1953**. Parmi ses autres œuvres majeures, on trouve “Les Jours de Kabylie” (**1954**) et “Les chemins qui montent” (**1957**), reflétant sa profonde connexion avec sa région natale.

Assassinat et héritage

Le **15 mars 1962**, Feraoun et cinq de ses collègues, dont l’inspecteur d’académie, sont assassinés par un commando de l’OAS. Cet acte tragique, survenu à Château-Royal, symbolise la violence et la complexité de la période de l'indépendance algérienne. Malgré sa mort prématurée, Feraoun a laissé un héritage littéraire précieux, témoignant de sa fierté kabyle et de son engagement pour la justice sociale.

Un nationaliste engagé et un acteur de la conscience

Feraoun s'est investi corps et âme dans la lutte pour la libération de l'Algérie, rejoignant l'AN en **1955**. Il a utilisé sa plume pour dépeindre la réalité de la vie sous la domination française, introduisant des prénoms indigènes et des éléments de la culture kabyle dans ses écrits. Il est devenu un symbole de la fierté ethnique et linguistique, un intellectuel engagé pour la prise de conscience et un fervent défenseur de son peuple.