Hôtellerie européenne : les investisseurs restent confiants, mais exigent plus de rentabilité

Malgré un contexte économique fluctuant, la confiance des investisseurs dans le marché hôtelier européen ne faiblit pas. Selon une nouvelle étude de Cushman & Wakefield, 86% d'entre eux envisagent de maintenir voire d'augmenter leurs dépenses. Un signe encourageant pour un secteur qui a traversé des turbulences ces dernières années.

Une prudence sélective au rendez-vous

L'étude, qui s'appuie sur les réponses de 74 grands acteurs financiers, dont des fonds de private equity, révèle une tendance à la prudence sélective. Si l'optimisme général est de mise, les investisseurs semblent plus exigeants quant aux rendements attendus. La barre est désormais fixée à 15,6%, contre 13,6% l'an dernier. Cette augmentation reflète une incertitude croissante quant aux conditions de crédit et pousse les acheteurs à affiner leurs choix.

Depuis 2020, ces acteurs ont injecté près de 18 milliards d'euros dans les actifs hôteliers à travers le continent, témoignant d'un engagement constant. Pourtant, l'étude met en évidence une division : si près de six investisseurs sur dix prévoient d'augmenter leurs volumes d'investissement cette année, et plus de la moitié se positionnent comme acheteurs nets, une minorité envisagent une sortie de leurs positions.

Le sud de l

Le sud de l'europe en pole position

L'horizon régional révèle des nuances intéressantes. L'Italie et la péninsule ibérique dominent le classement, avec 78% des investisseurs affichant un fort ou très fort enthousiasme. La France suit de près avec 60%, tandis que l'attention se porte également sur la Grande-Bretagne et l'Irlande. En revanche, la région DACH (Allemagne, Autriche, Suisse) voit son intérêt diminuer, passant de 45% à 37%. Pourtant, cette zone demeure un pilier des investissements hôteliers européens, reconnue pour sa stabilité à long terme.

Les grandes villes européennes, comme Milan, Madrid, Rome, Londres et Paris, continuent d'attirer les projecteurs, mais d'autres destinations émergent. Budapest, Nice, Cannes, Berlin et Munich enregistrent des progressions significatives, élargissant le champ des possibles pour les investisseurs.

Esg et intelligence artificielle : les nouvelles impératives

Esg et intelligence artificielle : les nouvelles impératives

Un défi majeur se profile : la rentabilité des investissements hôteliers, désormais perçue comme une source d'inquiétude par un tiers des acteurs. Les coûts de construction, en hausse selon près de 70% des professionnels, pèsent lourdement sur les projets. Parallèlement, la performance environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) devient un facteur déterminant. Les propriétés certifiées se vendent désormais avec une prime de 4,3%, témoignant d'une prise de conscience croissante des enjeux de durabilité.

Enfin, l'intelligence artificielle (IA) s'impose comme une force disruptive. 81% des investisseurs anticipent un impact majeur de l'IA sur le marché hôtelier d'ici 2030. Jon Hubbard, responsable Hospitality EMEA chez Cushman & Wakefield, souligne que ce qui était autrefois perçu comme un concept futuriste influence désormais les décisions d'investissement. Les acteurs ne se contentent plus d'attendre, mais agissent proactivement face à l'accélération des avancées technologiques.

“Les investisseurs européens dans l'hôtellerie entament l'année 2026 avec une confiance renouvelée et des priorités claires : déployer davantage de capitaux, mais avec une sélectivité accrue