Lufthansa : drastique restructuration, abandon des jets et fuite en arrière

Lufthansa se débarrasse de ses avions régionaux CRJ900 et de ses vieux Boeing 747, signe d’une crise profonde et d’une adaptation forcée aux flambées des prix du carburant. L’aéroligne allemande, confrontée à une situation inédite depuis le début de la guerre en Iran, opte pour des mesures radicales.

Un déclin progressif et inéluctable

La décision de retirer ses 27 avions CRJ900, opérés par Lufthansa CityLine, marque une première étape d’une restructuration massive. Les quatre derniers Airbus A340-600, tristement célèbres pour leurs toilettes originales en bas, suivront bientôt leur sort, avec un retrait prévu à la fin de la saison estivale. Deux des quatre 747-400 restants feront également leur valise.

L’ensemble de la flotte 747 sera retirée d’ici 2027, une annonce qui résonne comme un coup dur pour l’entreprise. Cette disparition représente une baisse d’environ 1,2% de la capacité de Lufthansa Group, soit 20 000 vols courts hauts annulés d’ici octobre. La situation est d’autant plus alarmante que les prix du kérosène ont explosé, passant de 4,38 dollars le gallon le 22 avril à 4,57 dollars le gallon en Europe, suite à la guerre en Iran.

D’autres compagnies aériennes, comme Delta, KLM, Qantas et United, ont déjà mis en place des réductions de vols, mais aucune n’a encore envisagé de vendre des avions ou d’effectuer des suppressions permanentes. La menace d’une pénurie de carburant en Europe, estimée à six semaines par Fatih Birol, l’ex-directeur de l’Agence Internationale de l’Énergie, pousse Lufthansa à agir avec une détermination sans équivoque.

Lufthansa affirme disposer d’un approvisionnement stable en carburant, mais les coûts ont plus que doublé depuis le début du conflit en Iran. L’aéroligne se concentre désormais sur ses six hubs principaux, en renforçant les liaisons vers Bruxelles, Vienne et Zurich, au détriment de destinations moins stratégiques comme Bydgoszcz, Rzeszów et Stavanger.

Cette stratégie, bien que pragmatique, suggère une période d’incertitude pour Lufthansa. L'arrivée de nouveaux cabines Allegris, offrant des suites premium en première et Affaires, ainsi que des sièges premium economy, pourrait, à terme, compenser une partie de cette perte de capacité. Mais pour l'instant, l'aéroligne allemande doit faire face à la réalité d'une transformation brutale.