Akbou : inauguration de la stèle de Mohand Uharoun et baptême de la place en son nom
Un hommage à mohand uharoun à akbou
Une cérémonie émouvante a eu lieu ce matin à Akbou (Béjaïa) pour l'inauguration de la stèle dédiée à Mohand Uharoun (Masin Uharun), figure emblématique du militantisme amazigh des années 70 (1949-1996). La place publique où se dresse la stèle a été rebaptisée « Amrah Uharoun », en hommage à sa mémoire et à son engagement. Cette initiative est le fruit d'un collectif d'associations culturelles locales, soutenue par l'APC d'Akbou et inscrite depuis 2017.
La réalisation artistique de la stèle
L'honneur de réaliser cette œuvre significative est revenu au jeune sculpteur Aftis Hamid, connu pour ses autres réalisations artistiques, notamment la statuette de Si Muhand U M’hand et celle de Si Ahmed érigée aux Ouadhias. Il a opté pour une technique académique axée sur le réalisme, expliquant que c'est la forme d'expression la plus adaptée pour représenter la société et rendre hommage à Mohand Uharoun.
Présences remarquables à la cérémonie
La cérémonie d'inauguration a rassemblé de nombreuses personnalités, témoignant de l'importance de Mohand Uharoun dans la région et au-delà. Parmi les présents, on comptait sa famille, son épouse et une de ses filles, ses compagnons de lutte, d'anciens détenus, des députés comme Brahim Bennadji, des sénateurs, dont Nadia Matoub, et des figures culturelles telles que Kamel Bouamara et Rachid Oulebsir. De nombreux militants de la cause amazigh étaient également présents.
Témoignages poignants de codétenus
Des témoignages émouvants ont été partagés par d'anciens codétenus de Mohand Uharoun à la prison de Lambèse, où ils avaient purgé onze ans de peine, initialement à perpétuité. Ces récits, souvent chargés d'émotions et de larmes, ont mis en lumière les épreuves endurées par Mohand Uharoun, son courage exceptionnel, son altruisme et sa noblesse. Ils ont souligné sa résistance face à toutes les pressions et son refus de compromettre son combat.
Mohand uharoun : un pionnier visionnaire
Brahim Tazaghart, militant du Mouvement Culturel Berbère (MCB), auteur et éditeur, a prononcé une communication intitulée «Mohamed Haroun, le pionnier visionnaire». Il a rappelé que Mohand Uharoun a été arrêté le 5 janvier 1976, accusé dans l'affaire des poseurs de bombes, et libéré et gracié le 5 juillet 1987. Au-delà de son engagement politique, il était également reconnu pour ses recherches linguistiques et son implication dans la fondation d'associations promouvant la culture et la langue amazigh, comme Thassirth n’Sidi Aïch et l’ONEC.
Le programme de célébration et l’hommage à matoub
La journée commémorative a continué avec une conférence de Saïd Chemakh sur «Combat pour l’amazighité, quelle perspective, quelle avancée ?», un gala artistique et une projection de film. Enfin, un hommage a été rendu à Matoub, dont la chanson «Mr le président» a marqué son époque, 22 ans après son décès. Cet hommage, bien que tardif, témoigne de la reconnaissance de son apport à la cause amazigh et à l'identité berbère.
