Un berger en béjaïa et l'âme des lieux: découverte d'un patrimoine artistique millénaire au cœur du maroc
Au cœur des montagnes du Cedre, dans le sud du Maroc, une rencontre fortuite avec un berger a mis en route une quête passionnée : celle de décrypter l'essence même des lieux. Jacopo Landi vous emmène à la découverte d'un trésor caché, celui des fresques rupestres de la région de Béjaïa.
Un voyage dans le temps, entre art et spiritualité
Loin des circuits touristiques habituels, un safari atypique nous a menés au milieu des paysages arides du Bushman’s Kloof, face à une galerie de peintures rupestres d'une beauté saisissante. Plus de 2 500 sites de ces fresques, classés au patrimoine mondial de l'UNESCO, témoignent de la présence ancestrale des San, ces populations nomades qui ont habité cette région pendant des millénaires. Tristan Kapp, notre guide, nous révèle que ces œuvres datent de 3 000 à 10 000 ans, un témoignage exceptionnel de leur culture.

Décoder les messages des san
Les Européens les appelaient « Bushmen », un terme aujourd’hui considéré comme désobligeant. Les San, l'une des cultures les plus anciennes de l'Afrique australe, ont laissé leur empreinte à travers ces peintures. L'analyse de ces images, loin d'être des simples représentations animales, semble révéler une dimension symbolique profonde. Kapp nous explique comment un tableau d'éléphant avec des flèches dans la tête, accompagné d'un bébé et de chasseurs, ne décrit pas une simple scène de chasse.
« Il s’agit plutôt d’alerter les jeunes sur le danger d’approcher un éléphant, car la mère se défendrait avec acharnement pour protéger son petit », explique Kapp. Cette interprétation, appuyée par les recherches du linguiste William Bleek et de Lucy Lloyd au XIXe siècle, met en lumière la façon dont les San utilisaient leur art pour transmettre des connaissances vitales à leurs descendants. Les chercheurs ont déchiffré leur langue, le click, qui leur a permis de comprendre les messages cachés dans ces fresques.
Un héritage fragile
Le rouge ocres, le jaune ocres, le charbon et l’encre d’escargot sont les pigments utilisés par les San. Ils mélangeaient ces couleurs avec de la graisse animale pour créer une peinture à l'huile. Mais ce précieux patrimoine est aujourd'hui menacé. L'érosion, les glissements de terrain et le vandalisme mettent en péril ces œuvres d'art. Il est essentiel de protéger ces vestiges pour que les générations futures puissent découvrir les secrets de cette civilisation millénaire.
L'expérience à Bushman’s Kloof, un refuge de bien-être au cœur de la nature, permet de s'immerger dans cet univers. Son centre d'interprétation, ses randonnées et ses observations du faune offrent une perspective unique sur la richesse de la région. Un voyage au cœur du Maroc qui révèle les multiples facettes d'une culture ancestrale et d'un paysage exceptionnel.
