Béjaïa : Convergence des luttes et appel au « Système dégage »
Contexte de la marche
Le 13 mars 2019, Béjaïa a été le théâtre d'une marche massive, rassemblant des milliers de travailleurs de divers secteurs. Cette mobilisation, initiée par l'intersyndicale du secteur de l'éducation nationale, a réuni des enseignants, des étudiants, des professionnels de la santé, et s’est ajoutée aux marches précédentes des avocats et de l’université. L'objectif principal était clair : exiger le départ du système en place, un appel unanime reflétant un profond mécontentement populaire.
Participation croissante
La marche, initialement centrée sur le secteur de l'éducation, a rapidement vu l'adhésion d’autres travailleurs. Les employés de la SONELGAZ, de la BMT (Bejaia Mediterranean Terminal), de l’EPB (Entreprise Portuaire de Bejaia) et d’ERENAV (réparation navale) se sont joints à la manifestation, brandissant leurs propres bannières et slogans. Cette convergence témoigne d'un élargissement du mouvement et d'une solidarité croissante entre les différents secteurs professionnels.
Grève et paralysie du port
Des employés de l'EPB étaient en grève depuis dimanche dernier, participant à une action de désobéissance civile. Ils ont affirmé que le port de Béjaïa était complètement paralysé, aucune activité n’étant menée. Leur revendication est simple et directe : le « Système dégage ». Cette situation souligne l'impact économique du mouvement et la détermination des grévistes à faire entendre leur voix.
Soutien du pst et critique des « hôtels chics»
Lyes Touati, militant du PST (Parti Socialiste des Travailleurs), a réaffirmé le soutien du parti aux travailleurs et a critiqué les tentatives de certains groupes de forcer leurs employés à reprendre le travail, citant notamment le groupe Cevital. Il a souligné que la véritable opposition au régime se trouve dans la rue, et non parmi ceux qu'il qualifie de « représentants des hôtels chics », dénonçant un manque de sincérité dans certaines positions.
Revendications des syndicats de l’éducation
Les représentants des syndicats de l'éducation ont réitéré leur appel au « Système dégage ». Yahia Goudjil, coordinateur du CELA, a dénoncé la manière dont le régime a contribué à la précarisation de tous les secteurs, de la santé à l'éducation, appelant à un nouveau départ. Il insiste sur la nécessité d'un pouvoir émanant du peuple.
Appel à une deuxième république sociale
Slimane Zenati, coordinateur du CNAPESTE, a qualifié la marche d'aujourd'hui de réponse massive des travailleurs de l'éducation. Il a exprimé le souhait d'une deuxième république dans une Algérie sociale. Boualem Amoura a résumé l'esprit du mouvement en déclarant que le système est à l'origine de tous les maux et qu'ils provoqueront son départ. Un rendez-vous a été fixé pour le vendredi 15 mars, promis comme un jour historique.
