21 ans après la disparition de Mohamed Haroun

Un hommage à la mémoire de mohamed haroun

Vingt et un ans se sont écoulés depuis la disparition de Mohamed Haroun, figure emblématique de la défense de la culture berbère. Cet article revient sur sa vie, son engagement, sa détention et son héritage. Né le 13 avril 1949 à Tifrit, près d’Akbou, il a marqué son époque par son militantisme et son attachement à l'identité berbère, une passion qui s'est intensifiée au cours de ses études en sciences exactes à l’université d’Alger.

Les forces berbères et l'engagement militant

Dès son jeune âge, Mohamed Haroun a manifesté une forte identité culturelle. Son engagement politique s’est traduit par la création d'une organisation clandestine, les Forces Berbères. Cette organisation a joué un rôle crucial dans la diffusion de la culture berbère en publiant plusieurs revues en Tamazight, notamment TAFTILT, ITIJ et ATMATEN. Ces publications ont permis de préserver et de promouvoir la langue et la culture berbères dans un contexte politique tendu.

Une arrestation et une condamnation à vie

Le 5 janvier 1976, Mohamed Haroun a été arrêté, accusé d'être l'auteur de l'explosion d’une bombe au siège du quotidien el Moudjahid, survenue le 3 décembre 1976. Il a été condamné à la perpétuité et incarcéré à la prison de Lambès, puis à Tazoult, suite à un jugement rendu par le tribunal militaire de Constantine. Cette période de détention a été marquée par la torture, laissant des séquelles durables sur sa santé.

La créativité en prison : poésie et musique

Malgré les conditions difficiles de sa détention, Mohamed Haroun a continué à créer. Il a produit deux recueils de poèmes, « Avridh N Tleli » et « Monsieur le président ». Ces œuvres, empreintes de sensibilité et de réflexion, ont été reprises et popularisées par le chanteur Matoub Lounes, témoignant de l'impact de son œuvre sur la scène culturelle algérienne.

Une libération et un engagement renoué

Grâce à une grâce présidentielle accordée par Chadli, Mohamed Haroun a été libéré le 5 mars 1987. Suite à la brèche démocratique de 1988, il a dédié le reste de sa vie à la recherche et au soutien à la création d’associations promouvant la langue et la culture Tamazight. Il a joué un rôle essentiel dans la revitalisation de la culture berbère après des années de restrictions.

Le décès et l'héritage de mohamed haroun

Mohamed Haroun est décédé le 22 mai, suite à une longue maladie directement liée aux séquelles de la torture subie en prison. Il laisse derrière lui une veuve et deux petites filles orphelines, confrontées à des difficultés sociales. Son combat pour la reconnaissance de la culture berbère et la défense des droits humains reste une source d'inspiration pour de nombreuses personnes en Algérie et au-delà.