Le drapeau amazigh sur le siège de l’APC Fenaia : une affirmation d'identité et un rejet du système

Contexte de la déclaration de farid bali

Farid Bali, maire de Fenaia et membre de la coordination des maires de la wilaya de Bejaia, a affirmé que l’étendard identitaire amazigh flottera sur le fronton du siège de l’APC Fenaia. Cette décision intervient dans un contexte de mécontentement local envers le wali de Bejaia, perçu comme un représentant du système. Bali rejette également l'organisation et l'encadrement du prochain scrutin présidentiel par son APC, soulignant une volonté de résistance face aux institutions en place.

Répression et manifestations

L'affichage du drapeau amazigh a été accueilli par une vague de répression. Des dizaines de manifestants ont été placés sous mandat de dépôt pour avoir arboré ce symbole identitaire. Farid Bali dénonce une action cyclopéenne du pouvoir, qualifiant les arrestations de vagues inouïes visant des innocents. Ces arrestations surviennent lors de manifestations pacifiques exigeant la justice, la démocratie et les libertés.

Critique du système politique algérien

Bali critique vivement le système politique algérien, qu'il qualifie de despotique et caractérisé par une volonté de museler la population. Il cite Augustin d’Hippone, affirmant que nul n'est tenu d'obéir à une loi injuste. Il appelle à un mouvement de libération, à la reconquête de la dignité et à l'instauration d'une véritable transition démocratique pour un avenir meilleur et pluriel.

L'étendard amazigh : symbole d'une identité plurielle

Selon Farid Bali, l’étendard amazigh doit flotter sur tous les bâtiments administratifs. Il souligne l'importance de perpétuer l'identité, l'histoire et le peuple amazigh, héritage de grands hommes. L'histoire de l'Algérie est riche d'échanges civilisationnels et profondément enracinée dans la culture du Nord-Afrique et de ses Imazighen, témoignant d'une société unique, auto-gouvernée et basée sur le droit coutumier.

Boycott des officiels et élections

La question du boycott des officiels est à l'étude au sein de la coordination des maires. Farid Bali a lui-même adopté cette décision depuis plusieurs mois. Il insiste sur la nécessité de s'appuyer sur les revendications populaires pour résoudre les problèmes et considère les représentants du système actuel comme persona non grata. Il refuse catégoriquement d'encadrer les prochaines élections, les jugeant illégitimes.

Revendications et appel à un changement

Bali appelle à un changement radical de la pratique du pouvoir, soulignant la souveraineté du peuple, consacrée par la constitution. Il encourage à revenir aux sources ancestrales et aux lois traditionnelles pour construire un État digne et fort. Il cite Mirabeau : « Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté du peuple et qu’on ne nous en arrachera que par la puissance des baïonnettes ». L'objectif est de rompre avec un système corrompu et de construire une Algérie plus juste et démocratique.