Le déclin des commerces de proximité : une italie en mutation

156 000 petits commerces et vendeurs ambulants ont disparu en Italie depuis 2012. Une perte considérable qui redessine le paysage urbain et économique du pays, selon une étude de Confcommercio. La tendance devrait se poursuivre jusqu'en 2025, avec une baisse annuelle de 3,1% des commerces traditionnels.

Le centre-ville italien se vide, les zones touristiques prospèrent

Le centre-ville italien se vide, les zones touristiques prospèrent

Le phénomène est particulièrement marqué dans le nord de l'Italie, où les vitrines autrefois animées cèdent la place à des espaces vides. Ce déclin touche tous les secteurs, mais les librairies et les magasins de vêtements sont les plus touchés. Le commerce en ligne, lui, continue de croître, augmentant de 187% entre 2015 et 2025. Pourtant, le sud de l'Italie présente une dynamique différente. Les locations de courte durée, notamment via des plateformes comme Airbnb, ont explosé, multipliant par quatre le nombre de gîtes par rapport au nord. Cette mutation spatiale reflète un changement de habitudes : les touristes remplacent les habitants et les séjours longs laissent place aux séjours courts.

Les entreprises étrangères ont renforcé leur présence, mais les initiatives italiennes traditionnelles ont subi un recul significatif. Les sociétés étrangères ont augmenté de 134 000 entrées, créant environ 194 000 emplois, tandis que les entreprises italiennes ont diminué de 290 000, bien que celles qui restent aient augmenté leur taille. Ce changement structurel s'accompagne d'une formalisation croissante des activités commerciales. Les entreprises s'installent davantage, occupent plus d'espace et emploient plus de personnel.

Les pharmacies et les magasins d'électronique, eux, affichent une croissance positive, témoignant de besoins constants et d'une demande soutenue pour les technologies. Mais cette évolution ne profite pas à tous les territoires. Si les hôtels et le commerce en ligne connaissent un essor certain, les petites boutiques de quartier disparaissent, fragilisant le tissu social. La survie de ces commerces passe par des réglementations adaptées, capables de soutenir les petits commerçants face à ces bouleversements. La capacité des villes à s'adapter dépendra des choix qui seront faits aujourd'hui, moins en fonction de la croissance que de la préservation de la vie quotidienne.

Le chiffre parle de lui-même : 62 milliards d’euros de ventes en ligne prévus en 2025, contre 31,4 milliards en 2019. Un différentiel saisissant qui illustre la transformation profonde du commerce.

La vitalité des centres-villes italiens, autrefois pulsions de vie locale, est aujourd'hui une question pressante. L'équilibre est précaire.

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