Mont everest : le népal renforce la sécurité face aux risques et à la surfréquentation
Kathmandou – Le sommet du monde pourrait bien changer de visage. Le Népal a adopté une nouvelle législation visant à encadrer l'accès à l'Everest, une mesure inédite destinée à lutter contre la surpopulation et à protéger l'environnement. La décision, récemment approuvée par la chambre haute du Parlement, privilégie désormais l'expérience des alpinistes.

Nouvelles règles pour l'ascension du plus haut sommet
L'objectif principal de cette réforme est de limiter le nombre de grimpeurs sur la montagne, un problème récurrent qui a entraîné des accidents et une accumulation de déchets. Désormais, pour obtenir un permis d'ascension, il faudra prouver avoir déjà gravi une montagne de plus de 7 000 mètres dans les Himalayas. Cette exigence, validée par le ministère du Tourisme, vise à évaluer le niveau de préparation des candidats et à réduire les risques.
La mesure implique également une modification du système de compensation environnementale. L'ancienne taxe de 4 000 dollars, restituée en cas de respect des règles de nettoyage, est remplacée par un versement dans un fonds dédié à la gestion des déchets sur le sommet. Des équipes locales s'occupent désormais de la collecte des débris et de l'assistance aux expéditions.
Les guides et les sherpas, figures essentielles des expéditions, accueillent favorablement ces changements. Ils estiment qu'une diminution du nombre de grimpeurs inexpérimentés contribuera à réduire les risques et à sauver des vies.
Cependant, certains experts soulignent que l'exigence d'une ascension préalable de 7 000 mètres pourrait ne pas suffire. Un nombre plus important de sommets à haute altitude, situés en dehors du Népal, devrait être pris en compte. La question de l'équité et de la praticité se pose, notamment pour les alpinistes ayant déjà gravi plusieurs sommets de haute altitude.
Le nouveau texte de loi doit encore être examiné par la chambre des représentants après les élections du 5 mars. Son entrée en vigueur n'affectera pas la saison d'ascension printanière de 2026, période la plus prisée par les alpinistes du monde entier. L'année 2025 a vu passer 1 158 459 touristes au Népal, dont une part significative de grimpeurs de l'Everest.
Le Népal cherche à concilier développement touristique et protection de son patrimoine naturel. Les autorités privilégient désormais une approche de responsabilité et de durabilité plutôt qu'une expansion sans contrôle. Cette nouvelle législation pourrait transformer l'Everest, passant d'un objectif accessible à ceux qui peuvent se le permettre à un défi réservé aux alpinistes expérimentés. Moins de rêveurs, mais une sécurité accrue. C'est le pari du Népal.
